François RASTOLL le Bruit de la ville

François Rastoll - autoportraitArtiste autodidacte, artiste total, François Rastoll crée depuis son plus jeune âge. Il s’est attaqué à toutes les formes de création.

Si au début de sa carrière François Rastoll avait une frénésie à produire, aujourd’hui il prends le temps ; ce temps qui parfois nous échappe.

Sa démarche est donc simple : donner au travers de ses images une émotion et une vision qui est la sienne, son but essayer de montrer comment il voit le monde.

« Je parle souvent de point de vue et je pense que mon travail est basé sur cette phrase tout est une question de point de vue ».

Le Bruit de la ville Le son des pas sur le macadam ou encore le battement d’ailes d’un oiseau sont tout autant des bruits de la ville que celui des gens qui parlent à une terrasse de café et du freinage d’un bus au feu rouge.

Ce qui crée le bruit de la ville est en fait l’accouplement de sons dont la mélodie prise individuellement ne gène personne.

Le battement d’ailes d’un oiseau est très agréable sous un arbre à la campagne, quand celui si n’est pas accompagné d’une fiente tombant sur l’épaule.

Le freinage du bus dans un village tranquille informe les parents que leurs enfants rentrent de l’école, tout comme le cliquetis d’un talon martelant le trottoir insuffle le moment d’exaltation à venir de deux amants prêts à s’engager.

La photo de départ de cette série à pour titre « on n’est pas que des pigeons ».

Je suis resté un bon moment à regarder ce pigeon posé sur sa balustrade. J’étais très proche mais il ne bougeait pas. Je pense qu’il attendait que je prenne ma photo car une fois celle-ci prise, il déposa gracieusement une fiente sur une partie de mon matériel.

Aline Secondé Historienne de l’art analyse la série sur le bruit de la ville

Insupportable, irritant, il est l’un des principaux fléaux pour les citadins, un argument pour faire fuir les ruraux de la ville. Elle ne peut malheureusement cohabiter, se séparer des sons qui l’animent.

Pourtant les voitures, les marteaux piqueurs, les cris n’ont pas que la part belle pour créer l’ambiance urbaine, il y a aussi les rires, les cris de joie, les pas, le pendant mélodieux au quotidien.

François Rastoll joue sur cette dualité pour nous faire redécouvrir la ville, celle que nous connaissons par cœur, celle qui nous est étrangère malgré ses symboles vus et revus : des escaliers, le périph’, les tours, la marelle… À nous de réinventer, de raconter une histoire autour de ces images. Et alors, ces sons combinés les uns aux autres deviennent un bruit, insupportable par définition : casque, murs, précautions, pollution, le bruit a une bien sale réputation.

À cette occasion, il revient au noir et blanc, la figure humaine est à peine perceptible pour faire de la ville le personnage principal et ouvrant notre imaginaire aux murmures qui le peuplent.

Toujours soucieux de la composition chirurgicale qui caractérise son travail, le photographe s’est penché sur le matériau, la matière, les lignes qui les dessinent, pour nous confronter à notre rapport direct, corporel avec eux, nos sens éveillés par les bruits qu’ils provoquent.

Nos cris et plaintes provoqués par le bruit de la ville sont ils plus ou moins insupportables que notre environnement ?

Fernand Léger avait salué la modernité des villes tout au long de sa carrière, poussant le promeneur à s’extasier, à s’émouvoir comme la première fois sur les détails, l’harmonie de la géométrie, apprendre à lever la tête pour mieux apprécier un élément qu’il n’avait jamais remarqué.

C’est la poésie des villes que nous montre François Rastoll, une chasse au trésor non pas dans une île mystérieuse mais dans notre imaginaire collectif.

Aline Secondé 2014

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