François Rastoll

LE BRUIT
Une photo est silencieuse, elle se regarde, elle s’apprécie pour de multiples raisons, mais elle laisse le sens de l’ouïe complètement sourd. C’est quelque chose qui m’effraie car toutes les images que j’ai toujours produites s’associent à des sons afin que l’histoire soit complète. François Rastoll 2014

@François Rastoll  - Extrait le bruit de la forêt
Pourquoi ces séries sur le bruit.
Parce que dans ces lieux, la première impression que j’ai cherché à retranscrire, au-delà de l’image,était le son des vagues se brisant sur un rocher, du roucoulement d’un pigeon posé sur une balustrade, ou encore de la respiration d’une femme au coeur du poumon de la forêt.
J’ai aussi souhaité mettre en images les sons qui éveillent mes sens ou qui les perturbent.
Chaque photo s’accompagne donc de son acouphène, que je reste le seul à entendre.
Le Bruit des vagues
Le bruit est aussi un problème en photo numérique.
Dans mon travail analogique, ce bruit n’existe plus. Mais pour cette série, j’ai souhaité que cette réminiscence problématique resurgisse afin de la transformer en une esthétique unique.
J’ai ainsi multiplié les expositions tout en utilisant un iso très élevé. Ainsi s’est créé sur ces images, le bruit infernal du vent qui poussait les vagues sur les rochers saillants.
Le Bruit de la forêt
Ici deux séries se mêlent pour n’en faire qu’une. La série « A forest » et la série « Mademoiselle » mettent en commun le bruit de leur respiration, l’une dégageant du dioxyde de carbone, l’autre absorbant celui-ci pour le rendre sous forme d’oxygène. La série Mademoiselle, dans le cadre du bruit de la forêt, est un reflet permanent de cette innocence perdue liée à l’adolescence, où tout semblait si simple et où rien ne
nous faisait peur. Pour chaque situation, nous trouvions une solution, alors qu’aujourd’hui, devenus adultes, nous nous posons trop de questions et oublions d’agir.
Le Bruit de la ville
Le son des pas sur le macadam ou encore le battement d’ailes d’un oiseau sont tout autant des bruits de la ville que celui des gens qui parlent à une terrasse de café et du freinage d’un bus au feu rouge.
Ce qui crée le bruit de la ville est en fait l’accouplement de sons dont la mélodie prise individuellement ne gène personne. Le battement d’ailes d’un oiseau est très agréable sous un arbre à la campagne, quand celui si n’est pas accompagné d’une fiente tombant sur l’épaule. Le freinage du bus dans un village tranquille informe les parents que leurs enfants rentrent de l’école, tout comme le cliquetis d’un talon martelant le trottoir insuffle le moment d’exaltation à venir de deux amants prêts à s’engager.
La photo de départ de cette série à pour titre « on n’est pas que des pigeons ».
Je suis resté un bon moment à regarder ce pigeon posé sur sa balustrade. J’étais très proche mais il ne bougeait pas. Je pense qu’il attendait que je prenne ma photo car une fois celle-ci prise, il déposa gracieusement une fiente sur une partie de mon matériel.

Stand E1

Ce contenu a été publié dans Le Bruit, sélection octobre 2014. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

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